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M - Free papers
samedi 21 novembre 2009, a 18:06
take a breath
 


Je reprends la plume, me laissant glisser vers la voie où j'ai toujours voulu m'engager.



Et je continuerai à faire de ma vie, une putain d'œuvre d'art...



On ne connait pas le beau, on le ressent et je veux ressentir le monde, ressentir la vie.





samedi 21 janvier 2012, a 20:36
« Ecrivez que je n'étais pas commode et que je compte le rester après ma mort » Bertolt Brecht
 

Quelque chose dans un creux. Qui gonfle, gonfle, gonfle, s'essouffle un peu. Et recommence, doucement, sans rien dire. Je pense à tes mains. Juste tes mains, leurs contours et nos sourires. J'aimais raconter des histoires mais n'ai plus rien à dire. Quelque chose est parti, oui, parti. Comme ça sans prévenir. J'aimais m'inventer, pour te faire planer.

Une fossette au coin de la joue.

Je tremble de ne pas savoir. Je veux écrire encore, sur d'autres choses que l'obsession, sur la solitude qui blesse le monde, sur les courbes de tout cela.

Je ferme les yeux, à la recherche de son odeur, tentant de sentir sur ma joue la douceur de la sienne, de voir dans ses yeux des petites étincelles humides. Je ferme plus les yeux sur mes larmes qui s'échappent et je me love dans tes bras imaginaires, pleurant de fatigue. Enfin je vais pouvoir dormir, la tête apaisée. Sentir la profondeur du sommeil m'envahir entre les membres de ton corps. Je n'attendrai pas, sur ce matelas qui crève le dos, que vienne le matin avec impatience, qu'un cinq tolérable apparaisse sur le cadran.

Respirer... ne jamais oublier de respirer, de relever la tête. Ne pas oublier de retenir ses larmes, de serrer les dents, de serrer la voix, de vider ses yeux et se tenir droite. Affirmer... sa liberté, sa liberté d'avoir peur, d'avoir mal, d'avoir des émotions des sentiments. Ne pas oublier d'oser être soi. Déception de côté, je continue de marcher. Disgusted.


photo©Callaghan

vendredi 20 janvier 2012, a 16:42
« l'argent pue, retiens-ça. Ce serait mon rêve de ne rien avoir ». bertolt Brecht, Maitre Puntila et son valet Matti.
 


J'aime à rêver de grands espaces, enfermée entre les murs de cet immeuble, dans cette ville qui grouille sans arrêt. Alors je repense à tous ces paysages que j'ai vu et j'y trouve l'espoir de les revoir à nouveau, d'en voir d'autres, toujours plus forts, et encore différents. Il y a tellement de beautés insoupçonnées à portée de main. Je n'aurais pas besoin de pilules et de drogues pour me les dévoiler. J'ai hâte de partir, de m'envoler. Aurais-je le courage de rentrer? Dure question... à ne pas soulever. Prendre la route, avec rien d'autre que le sourire et la conscience de n'avoir rien à perdre.


photo ©Callaghan

samedi 14 janvier 2012, a 18:03
« puisque le bonheur ne tient qu'à une comparaison » August Strindberg
 


Tes yeux... mon coeur qui bat.

Tes mains... mes lèvres qui tremblent.

Ton sourire... mes jambes qui cèdent.

Ta voix... un soupire

l'amour avec toi... boum


fantômes d'amour. Amour fantôme


Ne pas dormir... pour ne plus rêver.

Boire, boire, boire encore...pour oublier


j'ai oublié d'oublier de rêver. Oups!



                                                                                           *Photo ©Callaghan

mercredi 11 janvier 2012, a 17:53
« C'est un pur don de la nature que de savoir trouver le ridicule propre à chaque chose » Carlo Goldoni
 


Dans le bas de mon ventre, quelque chose explose. Malade... toujours malade. Toujours vouloir prendre une lame et tailler ces veines. Pourquoi ne pas le faire? L'espoir mesdames et messieurs! Ce putin d'espoir qui veut croire que l'humanité n'est pas trop pourrie. L'amour, c'est comme la liberté, une notion abstraite en laquelle on aime croire. On a fait beaucoup de choses au nom de la liberté.

On s'entretue pour rien, on baise pour rien. On se détruit, simplement, comme ça. Et puis l'on s'oublie, ou du moins on refourgue tout ça dans la case souvenir. On en parle plus, on fait comme si de rien n'était. Mais l'on oublie jamais.

vendredi 30 décembre 2011, a 16:53
The hours (*pix)
 


I cannot not believe in it. Something like a light doesn't want to stop fire my heart inside. My wildest dreams are catching me when I was hoping for the prince charming. I love tales, I love stories. Stories will remain stories and tales will remain tales. There are here for us to fuck believe in. What a tricky fantasy! Excuse me if I'm fed up with what's called reality. Having a book, a walk, a space aware... Always wanting to escape. Ending in a river, with the sweet sound of water, like your breath, your your mouth, your lips. I'm wearing a cold feeling, going nowhere.

vendredi 30 décembre 2011, a 16:49
« IL fallait bien que j'invente, ce sont toujours les beaux discours qui séduisent les femmes » August Strindberg, Mlle Julie
 


Je boirai toutes les larmes que j'ai versé pour toi et le fantasme de mon coeur ne t'attendra pas. « laisse-toi aller », « détends-toi », je rêve de ses chuchotements, de sa voix rauque qui rassure et fait peur à la fois. Un rapport passionnel qui se déchire dans la nuit, qui est incompréhension au matin. Je ne vois plus ton corps et ne sent que tes mains, la chaleur de ton souffle et ta force qui s'impose. Ce sont des flash qui me reviennent, comme des interdits refoulés. J'ai du mal à comprendre, à savoir qui je suis pour toi, à savoir si j'ai une place dans tes pensées. Fuir le danger parce que trop lâches, je vous hais tous pour ça. Qui a dit que les hommes avaient du courage? Il fallait en faire des contes merveilleux pour qu'on y croit.

Il serait beau que l'on ait le courage de croire au changement, de croire en la vie, de croire au bien. On est davantage et plus facilement convaincu par la corruption.

Je veux de la folie!

lundi 26 décembre 2011, a 20:55
Boire toutes les larmes versées
 

Elle aime penser que sa vie est la sienne. Oui, celle qu'elle regarde dans ce miroir c'est elle-même, ces cheveux sont ceux qui recouvrent sa tête. Mais elle ne peut s'abstraire de son propre jugement de valeur, de sa propre voix qui lui dit: ils sont secs comme de la paille. Elle les caresse de sa main, des mèches qu'elle perdait il y a quelques temps, qu'elle a perdu. Ses yeux se penchent sur sa poitrine. On dirait qu'ils sont tous les deux vrais. Une tumeur restait cependant bien coincée au fond de son sein. Celle d'une aigreur, celle de la perte. Le regard d'une femme peut-il dire tout cela?

Elle se sentait violée de l'intérieure, comme une brebis modifiée génétiquement. Son esprit habitait un coeur qu'elle ne reconnaissait pas comme sien. Elle avait réussi à dormir cette nuit-là, d'où des cernes, légèrement réduites. Mais ses yeux ne perdaient pas les rougeurs de la fatigue. De toutes ces larmes qu'elle versait comme remède au sommeil. Un soupir grandi dans sa poitrine.


Puis retomba. Il était temps

pour elle de vivre à nouveau.

*

Vivre, vivre, qu'est-ce que voulait dire, vivre? Elle n'avait pas été morte pour autant. Y aurait une intervalle entre la vie et la mort? La non vie? Une réalité hors du temps, du monde, des émotions, de la pensée, hors de tout... Un espace minéralisé. Oui, un espace du comme la pierre, inébranlable, froid, solide, inamovible. C'est ça ce que j'étais?


*

Saisir la clenche. Appuyer sur la clenche. Avoir oublier la serrure. Lâcher la poignée. Prendre la clef. Mettre la clef dans la serrure. Tourner la clef. Hésiter. Entendre un clac, deux clacs. Hésiter. Refermer la porte. Renoncer.

dimanche 18 décembre 2011, a 18:37
« Une étrange relation allait naître alors. Elle devait durer un temps sans longueur, s'éteindre mais ne jamais se clore » Patrick Chamoiseau « Une enfance Créole »
 


Je regarde l'indicible derrière la fenêtre. Cette fenêtre avec ses barreaux qui rendent l'univers inaccessible. C'est décidé, je sors, tampis pour le bruit, vive le soleil.

Mieux évoquer les souvenirs pour mieux avancer. Je n'en ai pas encore ici. Je n'en ai pas. Rien n'existe plus. Même plus toi. Qui ça? Intemporel, inespace, invivant. Je n'aime pas chercher mes mots. Fatiguée pour tout dire, que celui-ci passe trop vite, que tout paraît vain et que je ne suis qu'un grand vide qui tente de se remplir de mots. Alors que celui-ci ne cesse de grandir. Je ne suis rien comme nulle part, une petite âme de plus ou de trop, comme la souris dans le pot de crème. Sauf que je sens moins forte que la souris.


mardi 13 décembre 2011, a 21:55
I'm the black bile character
 


J'aime te regarder, voir tes yeux, tous noirs, me demander s'ils sont ouverts quand il fait nuit et que je suis à côté de toi. J'aime ces longs silences que je ne me sens pas obligée de combler. J'aime bien être ailleurs, ne penser à rien, oublier le cours des évènements. Que s'est-il passé en trois jours? Quelques lettres dans le journal... C'est tout ce que ça vaut. Rien à faire ici, juste à essayer de croire encore à ses rêves, à la pulsation de désir qui fait vibrer l'existence. Lorsque j'étais chat, il me semble que la vie n'était pas si compliquée. Je dormais, je sortais, mangeais à ma guise et je trouvais toujours de quoi satisfaire mes petits besoins. Les voitures et tous ces trucs humains, je les évitais, ça vous écrase comme de la cervelle, ça fait du bruit et ça pue. Je préférais le temps des chevaux. Op! Je saurais sur leur croupe ou dans la carriole et me laissais promener.

Je pense à ton cou, à ton dos, tes épaules, aux endroits où j'aime me blottir. Alors je ferme les yeux et je m'endors, épuisée.

vendredi 09 décembre 2011, a 00:44
« Même les mots vous lâchent » Samuel Beckett Molloy
 


J'aurais aimé prendre ton corps comme une cerise dans un arbre. Escalader les branches, le tronc et me poser le plus haut possible. J'aimerais y fumer de douces herbes rêveuses qui détendront tout le paysage.

Et puis l'on jonglera, sans souci, sur le fil de la nuit. Je serai la funambule de tes rêves. Dans les paysages du Nord, où tout es blanc, mon sourire sera le soleil des portes fermées. Viens, viens, prends-moi la main, il y a des nuages qu'on ne peut que franchir à deux.

Mais tu veux être seul. Laisse ma main, reprend mon sourire et va-t-en. J'irai voir les nuages toute seule et les étoiles attendront. Mes pieds continueront de marcher, de courir un peu partout. Partout un peu! Un peu.

Et va-t-en beaucoup, va-t-en loin, beaucoup plus loin, nulle part, ailleurs. Beaucoup.

                                             Dormir

         Beaucoup                                                           Fuir

Un peu                           Ailleurs

                           Nulle part             Partout       Toi

Parsonne                        Ailleurs

                                             Rien.

dimanche 04 décembre 2011, a 07:20
« Et que je dises ceci ou cela ou autre chose, peu importe vraiment.[...]On n'invente rien, on croit inventer, s'échapper,[...]Et puis merde" Samuel Beckett Molloy


On oublierait les mots qui blessent et tout recommencerait! Je me souviens de ton sourire, disparu quand je n'ai plus su ou était le miens. En rentrant le soir, après de longues balades dans la montagne glacée, tu me lavais avec plein de mousse et m'enveloppais dans une serviette. J'étais fatiguée.

Je suis encore fatiguée, comme une enfant devant récupérer de sa trop grande dépense, de son trop grand enthousiasme. Je me souviens d'une histoire d'amour qu'on écrivait avec des balles, des timbres, des crayons de couleurs. J'aime les livres avec de belles histoires, mais surtout avec une belle couverture. Je me souviens de l'encens, de l'odeur de cette chambre où on pouvait grimper sur le toit. Je me souviens de ton regard. Que tu me regardais comme un être magique, unique, sensible, au coeur grand comme ça.

J'ai disparu, comme la dent est emmenée par la souris pendant la nuit, comme un bleu sur la peau au fil des jours. Je me glisse sur les diapositives d'un beau feuilleton, une jolie statue à contempler, dure et froide mais toujours jolie à regarder. Non, belle, c'est comme cela que tu dis. Devenue œuvre sans fond aux formes passées. Il fut un jour ou je vivais. Peut-être. Aux yeux de l'artiste au chef-d'œuvre inconnu.

 
dimanche 04 décembre 2011, a 06:58
"On vit pour le superflu. Rien n'a moins besoin d'être justifié que les réjouissances" Brecht, Petit Organon pour le théâtre


Que veux-tu qu'on en fasse? De toutes ces paroles dans le vent? De la stupidité des gens. On ne peut ne pas la voir et continuer à courir pour sauter dans les bras l'un de l'autre... de temps en temps. Il est long le temps qui nous sépare pour une « perte de temps ». Le bonheur, un profit? Conneries. Je te dis que le monde a de drôles d'idées, surtout quand il ne veut pas croire que la vie est faussement sérieuse. Le sérieux nous baise bien, j'affirme. Référence d'une attitude de vie. Il reste chez lui pour travailler mais fantasme à des inconnus, des lignes, des livres, au-dessus desquels il dépense sa vie.

J'aime ton sourire et tes yeux qui me regardent. Ces choses là sont plus que du sérieux.

 
lundi 28 novembre 2011, a 22:25
15 septembre 2011
 


J'attends par terre que sonne, que sonne l'écho d'une vie lointaine. Je revois les reflets du soleil sur nos chaussures il y a quelques années, seules les couleurs on changé. Je suis encore dans l'herbe, toujours par terre, à regarder, en rêvant, le soleil. Plus douce et plus chaude que la caresse des hommes, je me répète dans ce moment agréable. Les bruits qui se superposent dans une vague chaotique me laissent indifférente alors que je goute au doux repos de la fin de journée. J'ai chaud et frissonne à la fois, de la peur du vent de la nuit qui arrive, qui cachera le soleil pour d'autres horizons. J'ai la tête au ralenti et les mots se débrouillent tant qu'ils peuvent pour s'arracher de mon cerveau. Il y a peu d'endroits dans la vie où rencontrer le silence. Petit bijou que l'on cherche tant à atteindre.

J'avais écrit nos chemins, nos ascensions, nos cabanes et nos cols, nos ruisseaux, nos montagnes... un peu d'amour au-dessus des nuages, un peu d'amour dans les nuages.

J'ai oublié le sac à la gare.

lundi 28 novembre 2011, a 22:14
les bouteilles de verre brisé du dimanche matin


Quatre pas sur les touches de piano. J'y marche comme si la musique savait se jouer de moi. Je peine à garder les yeux ouverts pour suivre le travail de ses heures pénétrantes. Une chaleur nouvelle me laisse m'attarder sur le balcon des délices où toutes les pensées se réjouissent, où tous les coeurs se libèrent de leur castration journalière.

Quatre mots sur un piano, un milliard de temps qui s'enchainent, pour croire à la mélodie du bonheur. Je ne peux pas ne pas penser à toi. Ouvrir les portes du paradis maudit, pourrir dans les enfers de la honte et de la soumission. Mes yeux se ferment, l'écriture disparaît. On tourne la page. C'est mal écrit.

 
mercredi 23 novembre 2011, a 07:21
« a liquid trail of hate flooded her chest » Toni Morrison, Silva


Je te vois dans mon sang, comme un mot sur mes lèvres, que la chair et le feu ne parviennent à sacrifier. Tu es là, de part et d'autre de mon corps, répandu, comme une flaque de mes larmes versées. Je suis une bouillotte fuyante, un mot de travers. Entre mes jambes se noient des amertumes amères, des floraisons aux couleurs diluées et le miel d'abeilles violées. Des sons rauques me brisent les tympans, une respiration saccadée qui veut trouver son plaisir là où l'on a déjà tout pris. Une main sous les fesses et il se croit possédant, traçant sa propriété sur ma peau décharnée. Les armes sont sorties, oses approcher, oses résister à mes griffes, à mes jambes qui t'enlacent, à mes dents qui te mordillent, à mes yeux qui t'arrachent le coeur.

Prends-moi si tu y arrives. Quand tu te reposes sur moi je cesse de bouger, je ne dis rien. J'aimerais crier mais aucune son ne sort, aucune parole pour la femme abîmée, pour les coups manqués. Mes bras portent les cicatrices de blessures lointaines. L'oubli ne fuit pas devant la distance et je dis que je t'aime alors que je te hais.

Poses tes mains, non pas là, pas sur moi, non, va-t-en, pas dans moi, arrête je ne peux pas. Tu as envie mais je ne peux pas. Je te repousse mais tu n'entends pas...

Tu es toujours là, loin, si loin dans ma peau, enfoui sous la chair de mes indignations, du torrent de mes haines.

 
dimanche 20 novembre 2011, a 23:39
"Les gens, même s'ils n'ont pas de chaînes aux pieds, ont une prison dans la tête" Me Bosselut


Les mots laissés aux caresses sont les plus brumeux. Quand les mains du poètes enferment entre ses mains les tons, les pas. La musique qui sommeil en soi. Les mots d'un chant, partis brûler au loin pour retomber sagement dans des larmes de souvenir à se rouler par terre. Entendre siffler les paroles du destin, celui qui s'engouffre dans la vie des autres en laissant de vieilles taches de graisse jaunâtres. Libre à lui de s'imposer, d'être franc, de se mentir. J'aimerais savoir dire l'inexprimable du fond de mes yeux bruns, qu'aucune parole ne sorte et que les mots soient infinis.


*Photo d'Auvergne

 
lundi 14 novembre 2011, a 08:20
29 juillet 2011


Arrivée en Ardèche depuis une journée, je profite encore des grands espaces, du grand air, de la baignade (fraîche) dans le lac. C'est bon de pouvoir remettre le nez dans un livre et d'arriver à bien dormir. Un petit bout de moi est pourtant toujours dans les Pyrénées, au milieu des iris, sous la pluie, à marcher dans la boue en fredonnant. J'ai eu beau en avoir marre souvent de cette fichue boue, mes pieds sont encore dedans alors que mes chaussures, aujourd'hui, n'en sont toujours pas débarrassées. J'ai envie de me souvenir de ces instants, de les écrire pour le plaisir d'en fouiller les détails, de rechercher l'expression parfaite. Les premiers clichés, les premières bribes de souvenirs qui me viennent sont au col d'Ilhéou:

Après une petite avancée d'une heure environ dans la pente qui mène au col, nous avons renoncé à la cabane de Barbat pour rejoindre celle du col d'Ilhéou. Dans la purée de pois, le jeu de mot était facile: mais il est où ce col!

De l'orage est annoncé pour ce soir, mais dans combien de temps? Le ciel, tout comme l'air qui nous entoure, n'est toujours pas dégagé, c'est notre quatrième journée de marche, la troisième dans le brouillard et les nuages. Avec le vent, les nuages passent et nous traversent par intermittence. Oh! Un coin de ciel bleu! … Un, deux, trois, brouillard. Les premiers jours de marche sont encore un peu difficiles dans les jambes mais on les sent s'habituer doucement à leur rythme de nomade. On ne sait pas où ce chemin va nous mener dans cette purée de pois, et une fois passé le col... où sont les cabanes? On ne voit pas grand chose. Boussole. On trouve finalement la vieille cabane de tôle verte. Un orage? Ce soir? Après tout, la montagne est imprévisible. Les nuages qui galopent à travers le col nous font tout de même opter pour la cabane. Les toiles de tentes et quelques habits pourront sécher en paix cette nuit, et nous aussi! Chercher du bois pour faire cuire la soupe et les pâtes, où la soupe au pâtes, ou les pâtes en soupe...et réunir d'abord quelques forces pour se laver dans l'eau gelée, directement venue des glaciers. Pour dernier plaisir de marche, on abandonne les grands sacs à dos de randonneurs pour remonter en haut du col, espérant apercevoir un petit bout d'horizon dans une interstice de ciel bleu. Le corps retrouve soudain un autre équilibre, une position naturelle qui fait avancer sans impression d'effort. Toujours pas d'heure, l'orage peut bien attendre. En remontant doucement main dans la main, la vue est aux aguets et deux petites marmottes se seront fait repérer sur le flanc de la montagne, à mon plus grand plaisir. Je m'arrête pour les regarder, calmement, aussi longtemps qu'elles ne le permettront. Perchées sur leurs petites pattes arrières, les rongeurs nous ont aussi remarqués. Vite! Rentrons dans notre terrier!

Nous, nous continuons à remonter vers le haut du col, là où mes nuages défilent et nous traversent, poussés par le souffle du vent. Pourtant très frais, celui-ci ne m'atteint pas vraiment derrière mon pull. Il s'amuse de mes cheveux qui volent dans tous les sens, j'ai fini par retirer cette fichue casquette. Du brouillard, des nuages, toujours du brouillard. On peut se demander comment un orage arriverait à se faire une place dans ce mélange atmosphérique. Toujours aucune vue ne s'offre à nos petits yeux bridés par le vent; alors on redescend jusqu'à la cabane, s'affairer aux tâches que réclame notre condition naturelle. Quand l'orage a éclaté cette nuit-là, la cabane n'a pas cédé. Les énormes chevaux, remontés jusqu'à nous durant la nuit furent un autre plaisir qui font oublier les quelques désagréments du mauvais temps. Seuls, tous les deux, là-haut, la tête dans les nuages, un petit paradis.


*photo d'Auvergne

 
samedi 15 octobre 2011, a 16:32
Rat des villes et rats des champs
 


On veut interdire la fouille dans les poubelles.

« Ben oui, c'est normal! Rendez-vous compte, c'est une question d'hygiène! Quand je sors de chez moi le matin, je n'aime pas voir les poubelles retournée », voilà ce qu'on répond.

A cela, 5h du matin à la radio, j'ai envie de répondre: « connard ». Un gâchis quotidien nous pousse à espérer se nourrir des poubelles... ne tentez pas, on ne cherchera pas!

Obligés de se nourrir de se que les autres ne veulent pas et cet acte vous répugne. Mais il devrait vous révolter! Vous écœurer! Mais nous sommes trop laids pour mériter votre pitié. Question d'hygiène... et quand je serais mort devant ta porte, iras-tu aussi te plaindre à la société de nettoyage de ton 

mercredi 12 octobre 2011, a 05:32
27 juillet 2011 - deuxième partie
 


Le train a d'abord avancé doucement, très doucement. Maintenant il accélère à travers la flore de la vallée des Pyrénées. Au revoir iris violets! Symboles de pureté. Et le petit lys jaune, rare mais vu quand même. J'aime regarder par la fenêtre le pays qui défile, et je tente de saisir et s'inscrire ces derniers aperçus alors que le train est secoué sur ses railles. Difficile d'écrire droit. Profitons de ces ouvertures, des espaces dégagés, et de la vue qui frétille d'avoir tant à regarder.

Arrêt à Toulouse sur le chemin du retour. Un brin de soleil, enfin! Premier arrêt et premier ascenseur de retour au rythme habituel du monde. Assise devant la gare, les fesses sur le macadam, mon téléphone portable me rappelle à la communication et aux relations humaines, momentanément interrompues. J'ai l'impression que plusieurs semaines se sont écoulées, alors qu'en fait, en une vingtaine de jours, le monde n'a pas changé de manière cruciale. De lourds faits divers font pourtant vendre les journaux, mais le monde n'a pas changé, la « civilisation » et la ville n'ont pas changé: les bruits des moteurs et les odeurs des cigarettes remplissent encore l'atmosphère, la voix de la SNCF est toujours calme et féminine. Je me souviens d'avoir rit à Montréjou, en entendant l'annonce des trains avec l'accent de la région. C'est qu'on s'y accommode à cette mélodie vocale. Il faut que je marche un peu, mes jambes n'ont plus l'habitude de rester aussi longtemps immobiles.


lundi 10 octobre 2011, a 07:26
"Je suis le seul de mon espèce" La rue Cases-Nègres, Joseph Zobel
 


Je regarde tes yeux, embrumés d'amour, où la peur s'enfonce à chacun de mes pas. Je descends regard vers le sol qui se broie et je n'ose voir ce qui tourne à l'intérieur de moi. La musique est insupportable et je dois crier pour m'exprimer. Je fais semblant de sourire, il me manque quelque chose. Tu n'es pas si loin pourtant mais tu refuses à la vie ses aléas, la maîtriser, mais pourquoi? Insaisissable, ne l'as-tu pas encore remarqué derrière tes fausses convictions? Tu veux croire en ce qui t'arrangerais, tu te convaincs que le temps t'apporte ce que tu recherches, mais accepter la surprise... te paraîtrait une faiblesse?

J'ai couru sous la pluie, vite, très vite, pour évacuer ma sensibilité, faire sortir mes larmes dans des souffles épuisés, des muscles qui se tordent quand mes pieds poussent sur ce sol de macadam. Ce putain de sol, recouvert de misère, qui dissimule le sable rouge dans lequel je rêve de me coucher. Je pense à lui un peu maladroitement, entre le soleil et la pluie, en regardant avec mélancolie la ville, pourriture humaine. On se plonge dans des livres et distractions pour ne pas y penser, mais en ouvrant les yeux, la naïveté des premières émotions revient se coller devant nos yeux en nous tordant le coeur de reproches. Reposer mes pieds sur ce sol vivant, pour m'aider à refuser cette vie artificielle, ces relations pierreuses où ne se révèle que la peur de ressentir, la peur d'aimer, la peur de dire ses sentiments, la peur et l'angoisse de vivre.

samedi 01 octobre 2011, a 06:40
27 juillet 2011 - première partie
 


J'attends mon train, en transfert. Direction l'Ardèche après trois semaines de voyages, quinze jours de marches et de deux plus à habiter la montagne. Le minimum nécessaire sur le dos. Beaucoup de changements ont été décisifs les dernières semaines, et pourtant nous sommes quand même partis tous les deux, se suivre dans les montagnes, dans le brouillard, sous la pluie, dans la boue, pour s'aimer en partageant notre passion, celle du grand air et de l'adrénaline, de l'aventure, et simplement apprécier d'être en vie et amoureux. Revenir à soi, ensemble, le plus beau des partages.


Revenir à la « civilisation », c'est ressentir cette impression de décalage, cet forme de l'étrange, de l'étranger en nous qui n'appartient plus au monde qu'il retrouve. Je me sens détendue et sereine, sans gêne ni complexe devant un monde qui grouille et qui s'active à un rythme ne correspondant pas à celui du corps naturel. Cela semble paradoxal, mais dans mes habits imbibés des odeurs et des taches de ces derniers jours, je me sens véritablement moi, en accord avec je ne sais quel équilibre que l'on prétend tous rechercher. Savoir qui l'on est... pour mieux être. Peut-être recherchons-nous tous une sorte d'essence singulière, notre propre essence: le chant de la croyance en nous-même. En qui mieux croire que soi? Sur qui pouvoir mieux compter?


S'il faut marcher dans la boue pour se faire confiance, pour nous faire confiance, alors continuons à marcher, à grimper, à descendre, à avoir faim, soif, à être fatigués, à s'épuiser pour un retour aux besoins véritables, à sa nature: celle qui rapproche de soi, de la vie sans intérêts, sans rentabilité, sans rapport de profit, sans besoin de reconnaissance à chacun de nos actes.


J'ai aimé, mieux, j'ai adoré ces semaines, cette vie en montagne si riche en expériences et en formation. J'ai envie de repartir, de ne pas revenir à la prétendue « réalité » du monde dit « civilisé ». S'il faut mettre réalité entre guillemets, j'en viens à penser que ce monde n'est qu'une grande fiction d'organisations, de médias, de sociétés, qui encadrent notre mode de vie et nos pensées selon des critères bien précis. L'idéologie de la maîtrise.

Grimper en haut des montagnes, c'est prendre du recul, offre un point de vue plus global sur le monde, plus sage, attentif, minutieux. Il ne manque que les livres et de quoi écrire lorsque l'on est là-haut, alors que les pensées y sont difficiles à stabiliser. Même les rêves nous agitent. J'y est quand même trouvé un certain calme, une paix intérieure qui apaise et anime la pensée tout à la fois.


Les minutes défilent sur l'horloge de la gare SCNF, et j'attends encore sur ce banc où je l'ai quitté hier soir. Lui, sans qui je ne pourrais partir de cette manière, lui, avec qui j'arrive à tout partager. Les projets se construisent sans vraiment vouloir savoir leur forme et en se moquant bien de chercher des finitions. J'ai hâte de continuer notre route, avec tout le bonheur que j'ai dans le corps, dans le coeur.


Je ne suis pas encore tout à fait descendue, ma tête est encore dans les nuages et dans la brume, ambivalences comprises. Je vais monter dans ce train pour voir les montagnes des Pyrénées s'éloigner.

vendredi 02 septembre 2011, a 20:33
« j'avais commencé au commencement, figurez-vous, comme un vieux con » Samuel Beckett « Molloy »
 


Houhou, le chant du hiboux. Sous la nuit ou au soleil, la mélodie de l'étincelle. On en a rit, on en rira encore, de ces mots doux laissés au hasard, du temps qui s'arrête au temps qui s'essouffle, doucement, tout doucement, jusqu'à ce que plus rien n'existe autour de nous. On refera des jeux, en chansons, de sauts en claquages de mains et s'arrêter.

Arrêter, tout arrêter. Laisser le monde retourner, retourné. On se racontera des histoires pour ne pas s'endormir et s'inventer la vie qu'on veut mener, à mourir de rire pour s'entretuer. Pan!

La vie est douce dans ces moments, ceux qui nous font oublier la vie elle-même et nous projettent dans un rêve au dur réveil.

Rêver, ça je sais faire, vivre, encore mieux, alors je continuerai à vivre de mes rêves. Et loin de la solitude, des rabas-joie je veux toujours aller, libre d'attaches, toujours repousser les limites, les franchir à pieds, de nuit les yeux fermés, prendre plaisir à respirer pour mieux exister. Je veux des rires, des soupires, de l'amour, et je continuerai à croire en toutes ces choses qui me rendent heureuse même si, comme chacun sait « les fées ça n'existe pas ». On en rit, on en rira encore, de mon air rêveur, de mes absences, de mes délires, de mes sourires. Qu'on rit, qu'on en rit, je veux de la vie, de la folie. Merci. 

jeudi 18 août 2011, a 08:41
Somewhere out of the world
 


Envie de tirer, tirer sur cette bouffée d'air. M'enfuir dans ces méandres, faire de la merde.

Le désir monte, je le vois dans tes yeux, dans ton sourire qui me demande déjà de l'accompagner. Tu sais que je viendrai près de toi, que j'ai besoin de ta présence, besoin de la mienne dans tes pensées. La nuit fuit le cours du sommeil. Je ne veux rien, laissez-moi en paix, dans la brume d'une musique, un concert, des notes qui bousculent la vie. Je sens les pulsations vibrer sous ma peau devenir douce chaleur. Mieux que le frisson. Il fait sombre, nuit même. Non. Il y a les étoiles colorées de l'électronique qui créent l'ambiance décadente. Tout le monde danse et l'on retourne un vélo dans les airs. Oui. Un vélo surmonte la folie et troue le plafond. On continue à sauter, à danser, à crier. Qu'elle est bonne cette ambiance retrouvée! Les meubles s'écroulent, tout sombre dans le son et les vestiges du son. Ma raison s'absente dans un cercle d'amis, dans leur folie légendaire.

On rie de kiffer la vie, une soirée ensemble depuis longtemps et tous repartir. Se réunir pour montrer à la vie qu'on l'aime parce qu'on sait se foutre d'elle.

jeudi 18 août 2011, a 08:34
« j'avais commencé au commencement, figurez-vous, comme un vieux con » Samuel Beckett « Molloy »
 


Mon ventre se tord douloureusement de toute cette abondance écoeurante ingurgité la veille. Pour le plaisir ? Pour faire plaisir plutôt.

Je voudrais me purger de toute cette nourriture, trop riche, trop longue, trop... Trop de cette superficialité, de consommation qui me rend malade. J'ai envie de laisser mes yeux couler le long de mes crampes d'estomac et chaque renvoie suggère de tout évacuer. Vomir devient un fantasme de soulagement et je repense à ces petites bouchées que je me force à prendre pour ne pas contrarier mon entourage.

Manger semble répugnant, écoeurant, un effort et une étape à surmonter devant l'angoisse de mon ventre. Envie de me purifier de cette intoxication de matière alimentaire à faire baver les chiens.

Bonne appétit ! Nausées...

lundi 06 juin 2011, a 15:28
"wait for summertime" Yeasayer
 

 

La musique de son corps qui ondule... j'aimerais saisir la froideur de ses remarques alors que notre amour n'est qu'une continuelle séduction.

Force dans sa création, brutalité dans ses poumons. J'inspire la forme décapitée du sommet. Il y a de l'eau bouillante, ça déborde, elle le désire. Elle veut se laisser porter dans les bras de l'insouciance sans crever de ses mensonges. Sourire et survivre liés dans la prostitution. Je veux encore te sentir sur moi, m'attirer, me lier à ton désir et m'y soumettre dans le plaisir.

Partie brut de l'imagination qui ne fait que traduire l'érotisme inassouvis. J'imagine ton corps perdu dans un train vers ailleurs. Je t'imagine souriant et te souvenant, sans parler, rêver.

samedi 21 mai 2011, a 13:56
"la honte, compagne de la conscience du mal" Jean-Jacques Rousseau
 


Marcher pieds nus pour soulager ses écorchures. On croit d'abord pouvoir souffrir les frottements du tissu sur la chaire nue. Puis on avise l'état du sol et la distance qu'il reste à parcourir, de la terre, quelques graviers... J'abandonne le masochisme des chaussures. On croit déjà sentir la brûlure de la terre et les écorchures des pierres. Désillusion, la terre est douce comme du sable sous la plante de pieds délicate dont la sensibilité n'est pas suffisamment douillette pour rougir en appuyant sur les petits cailloux. A pas décisifs, on avance doucement, légèrement et les «égratignures deviennent des opportunités de prendre son temps, de ne pas précipiter sa marche et porter son attention sur l'instant présent. Détaché de l'éternel « et après ?», l'esprit se calme et le repos rythme le déplacement des pieds le long du chemin. 

dimanche 15 mai 2011, a 21:47
fuck with de moon
 


Merci pour cette chaleureuse nuit blanche. Le soleil se lève mais désirons l'oublier. Pauvres passionnés! Assez naïfs pour croire à une nuit d'éternité ». Je serrais ta main, ton bras, priant pour ne pas le perdre trop vite. Je redécouvre tes formes, mon amant. Un sourire charmeur qui prétend vouloir donner sans recevoir. Là où le plaisir est de donner du plaisir.

Non, oui, arrête, reste, serre-moi encore, lâche-moi.

Je les regardai, sans comprendre, elle semblait ne pas vouloir et désirer intensément en même temps. Inventons de nouvelles règles du jeu. Laisse-moi encore vibrer de basse, tressaillir de guitare, sautiller de batterie, planer de synthé, rêver en musique au paradis... ou est-ce déjà le purgatoire?

Mes pensées son vident et je te vois parler. Communication en mode « off », je déambule au milieu des déchets, des mal-propres, des sans-gêne, des pourris, pour me laisser rassurer par Mephisto. Aspirée dans le néant du plaisir, je plaide innocente, moi victime de l'amour de vivre.

dimanche 15 mai 2011, a 21:33
« J'écris aussi loin que possible de moi » André du Bouchez
 


Au dessus des oiseaux, on se sent loin de ce monde où les avions décollent. On grimpe sur les rochers que personne ne reconnaît, les arbres que nul ne différencie. Haut, en retrait, en recul des lignes et structures qui bordent la vallée. Un lièvre, un chamois et rien. Le silence au milieu de la nuit qui réveille est incroyable. Mais tout existe bien là-haut quand les rêves qui nous hante nous ramènent en bas. Les réalités s'inversent dans l'existence bousculée. Un homme est une personne au milieu du tout inconnu où se cachent les petits bruits invisibles. Les bruits du couché de soleil saturent l'atmosphère de silence. Un silence inconnu parce qu'incompris. Que se cache derrière ce bruissement, cette branche qui craque, ce cailloux qui tombe? Libre imagination qui s'endort dans le clair du soir, sans vraiment savoir à quel rythme le monde tourne. Le monde est loin, n'existe plus. Tout se brouille, les pensées disparaissent, on ne dit rien, tout se passe de mots. 

mardi 10 mai 2011, a 10:39
« La société représente une réalité qu'il subit et un idéal qu'il vise » Emile Durkheim
 


« Lève-toi. Main droite, main gauche. Allez, pousse et ramène tes pieds vers l'avant. Doucement. Voilà, c'est bien. »

« C'est flou, ça tourne, j'ai mal à la tête »

« C'est normal, ça va passer, concentre-toi, reste accroupis un moment »


fff fff fff


« Voilà, respire calmement. Tu sens tes bras maintenant? »

« Un peu, c'est dur, tendu »

« Ca tire? »

« Ca tire... peut-être. Oui »


fff fff fff fff fff fff fff


« Calme-toi, tout va bien aller, je vais t'aider »


fff fff fff


« Là, tu sens ma main sur ta nuque? »

« Oui, c'est froid »

« Tu sens mes doigts? »

« Quoi? »


fff fff fff fff


« C'est bon, tu peux te reposer, te recoucher. Allonge tes jambes vers l'arrière. Ne te laisse pas tomber cette fois, tiens toi avec tes pieds. C'est bien, tu peux te rendormir ».


Dormir, dormir, comme un ours qui hiberne. Se plonger dans un grand drap frais qui sent l'air printanier.

Il faudrait pourtant se lever.


« Ouvre les yeux, il faut que tu manges »

J'aime pas manger...

« Je sais que tu n'aimes pas ça, mais si tu veux te lever il faut manger »

« Pas maintenant ».

mardi 10 mai 2011, a 10:22
« Le mot liberté fait délirer bien plus que penser » Paul Valéry
 


Petit novembre, un temps qui souffle et qui respire entre deux rayons de soleil. Il a du mal à s'éveiller et regarde derrière la vitre le soleil qui ne veut pas sortir. Derrière le grand bâtiment rouge la ville devient un mystère magique qui revit lentement. Il pense à un ailleurs, dans lequel le temps ne coulerait plus, comme le canal devant chez lui, où il aurait la liberté de lever les pieds de la colle de l'horloge qui l'accroche à la vie. Pourtant la nuit lui donne parfois cette sensation d'infini auquel il rêve. La nuit renie les obligations, celle de dormir? Il s'en moque. Il aime à perdre la valeur des choses, toutes ces choses que le soleil encadre de précipitation.



J'aime essayer de comprendre, de m'identifier à son corps désirable, à fantasmer son personnage qui m'inspire, son absence qui m'inspire.



La nuit lui laisse le temps. Celui où personne ne le sollicite et dans lequel il se laisse bercer par la douceur de l'ombre si antagoniste à l'excitation provoquée par l'ardeur du soleil.

Mais nous en étions au réveil, aux yeux qui tardent à s'ouvrir, que la vue du monde est difficile à supporter.

La fatalité de l'avenir est omniprésente dans ses pensées à défaut de l'espoir, si dur à faire émerger.

A toutes les excitations de curiosité surgissent des désastres, malheurs, scandales: des substances chimiques dans le Danube, la bourse qui s'effondre... un socle de bonheur pour rêver à l'avenir.

lundi 25 avril 2011, a 18:14
« Ce monde est une gigantesque machine à se foutre du monde » Céline
 


So it begins, and all I feel

Such a sorrow I don't need


I'm lying, obviously

There's no need for this

just be and be and be


And take the joy of moments

For you believe in it without being convinced

Oh my poor Darling! You seem so bored

With make up on your lips

You take it for beauty

An advertisement as an other

And you feel proud, self-confident


I see the truth behind the colors

The white void of your mind

For there is nothing, there is nothing to believe in.

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"Je suis le seul de mon espèce" La rue Cases-Nègres, Joseph Zobel tic-tac (21/10/2011 14:27)

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27 juillet 2011 - première partie Tic-tac (21/10/2011 14:18)

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27 juillet 2011 - deuxième partie Cocci (14/10/2011 13:25)

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"Je suis le seul de mon espèce" La rue Cases-Nègres, Joseph Zobel Cocci (10/10/2011 15:17)

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« J'écris aussi loin que possible de moi » André du Bouchez Alneisy (17/05/2011 19:33)

Oh! merci Cocci! ton...

fuck with de moon Coccinelle (17/05/2011 14:29)

C'est très beau...

« J'écris aussi loin que possible de moi » André du Bouchez Coccinelle (17/05/2011 14:28)

Très bel article! :)...

take a breath Alneisy (27/12/2010 18:56)

j'en suis l...

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