| samedi 21 novembre 2009, a 18:06 |
| take a breath |
Je
reprends la plume, me laissant glisser vers la voie où j'ai
toujours voulu m'engager.
Et
je continuerai à faire de ma vie, une putain d'œuvre d'art...
On
ne connait pas le beau, on le ressent et je veux ressentir le monde,
ressentir la vie.
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| samedi 21 janvier 2012, a 20:36 |
| « Ecrivez que je n'étais pas commode et que je compte le rester après ma mort » Bertolt Brecht |
Quelque
chose dans un creux. Qui gonfle, gonfle, gonfle, s'essouffle un peu.
Et recommence, doucement, sans rien dire. Je pense à tes mains.
Juste tes mains, leurs contours et nos sourires. J'aimais raconter
des histoires mais n'ai plus rien à dire. Quelque chose est parti,
oui, parti. Comme ça sans prévenir. J'aimais m'inventer, pour te
faire planer.
Une
fossette au coin de la joue.
Je
tremble de ne pas savoir. Je veux écrire encore, sur d'autres choses
que l'obsession, sur la solitude qui blesse le monde, sur les courbes
de tout cela.
Je
ferme les yeux, à la recherche de son odeur, tentant de sentir sur
ma joue la douceur de la sienne, de voir dans ses yeux des petites
étincelles humides. Je ferme plus les yeux sur mes larmes qui
s'échappent et je me love dans tes bras imaginaires, pleurant de
fatigue. Enfin je vais pouvoir dormir, la tête apaisée. Sentir la
profondeur du sommeil m'envahir entre les membres de ton corps. Je
n'attendrai pas, sur ce matelas qui crève le dos, que vienne le
matin avec impatience, qu'un cinq tolérable apparaisse sur le
cadran.
Respirer...
ne jamais oublier de respirer, de relever la tête. Ne pas oublier de
retenir ses larmes, de serrer les dents, de serrer la voix, de vider
ses yeux et se tenir droite. Affirmer... sa liberté, sa liberté
d'avoir peur, d'avoir mal, d'avoir des émotions des sentiments. Ne
pas oublier d'oser être soi. Déception de côté, je continue de
marcher. Disgusted.
photo©Callaghan |
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| vendredi 20 janvier 2012, a 16:42 |
| « l'argent pue, retiens-ça. Ce serait mon rêve de ne rien avoir ». bertolt Brecht, Maitre Puntila et son valet Matti. |
J'aime
à rêver de grands espaces, enfermée entre les murs de cet
immeuble, dans cette ville qui grouille sans arrêt. Alors je repense
à tous ces paysages que j'ai vu et j'y trouve l'espoir de les revoir
à nouveau, d'en voir d'autres, toujours plus forts, et encore
différents. Il y a tellement de beautés insoupçonnées à portée
de main. Je n'aurais pas besoin de pilules et de drogues pour me les
dévoiler. J'ai hâte de partir, de m'envoler. Aurais-je le courage
de rentrer? Dure question... à ne pas soulever. Prendre la route,
avec rien d'autre que le sourire et la conscience de n'avoir rien à
perdre.
photo ©Callaghan |
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| samedi 14 janvier 2012, a 18:03 |
| « puisque le bonheur ne tient qu'à une comparaison » August Strindberg |
Tes
yeux... mon coeur qui bat.
Tes
mains... mes lèvres qui tremblent.
Ton
sourire... mes jambes qui cèdent.
Ta
voix... un soupire
l'amour
avec toi... boum
fantômes
d'amour. Amour fantôme
Ne
pas dormir... pour ne plus rêver.
Boire,
boire, boire encore...pour oublier
j'ai
oublié d'oublier de rêver. Oups!
*Photo ©Callaghan |
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| mercredi 11 janvier 2012, a 17:53 |
| « C'est un pur don de la nature que de savoir trouver le ridicule propre à chaque chose » Carlo Goldoni |
Dans
le bas de mon ventre, quelque chose explose. Malade... toujours
malade. Toujours vouloir prendre une lame et tailler ces veines.
Pourquoi ne pas le faire? L'espoir mesdames et messieurs! Ce putin
d'espoir qui veut croire que l'humanité n'est pas trop pourrie.
L'amour, c'est comme la liberté, une notion abstraite en laquelle on
aime croire. On a fait beaucoup de choses au nom de la liberté.
On
s'entretue pour rien, on baise pour rien. On se détruit, simplement,
comme ça. Et puis l'on s'oublie, ou du moins on refourgue tout ça
dans la case souvenir. On en parle plus, on fait comme si de rien
n'était. Mais l'on oublie jamais. |
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| vendredi 30 décembre 2011, a 16:53 |
| The hours (*pix) |
I
cannot not believe in it. Something like a light doesn't want to stop
fire my heart inside. My wildest dreams are catching me when I was
hoping for the prince charming. I love tales, I love stories.
Stories will remain stories and tales will remain tales. There are
here for us to fuck believe in. What a tricky fantasy! Excuse me if
I'm fed up with what's called reality. Having a book, a walk, a space
aware... Always wanting to escape. Ending in a river, with the sweet
sound of water, like your breath, your your mouth, your lips. I'm
wearing a cold feeling, going nowhere. |
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| vendredi 30 décembre 2011, a 16:49 |
| « IL fallait bien que j'invente, ce sont toujours les beaux discours qui séduisent les femmes » August Strindberg, Mlle Julie |
Je
boirai toutes les larmes que j'ai versé pour toi et le fantasme de
mon coeur ne t'attendra pas. « laisse-toi aller »,
« détends-toi », je rêve de ses chuchotements, de sa
voix rauque qui rassure et fait peur à la fois. Un rapport
passionnel qui se déchire dans la nuit, qui est incompréhension au
matin. Je ne vois plus ton corps et ne sent que tes mains, la chaleur
de ton souffle et ta force qui s'impose. Ce sont des flash qui me
reviennent, comme des interdits refoulés. J'ai du mal à comprendre,
à savoir qui je suis pour toi, à savoir si j'ai une place dans tes
pensées. Fuir le danger parce que trop lâches, je vous hais tous
pour ça. Qui a dit que les hommes avaient du courage? Il fallait en
faire des contes merveilleux pour qu'on y croit.
Il
serait beau que l'on ait le courage de croire au changement, de
croire en la vie, de croire au bien. On est davantage et plus
facilement convaincu par la corruption.
Je
veux de la folie! |
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| lundi 26 décembre 2011, a 20:55 |
| Boire toutes les larmes versées |
Elle
aime penser que sa vie est la sienne. Oui, celle qu'elle regarde dans
ce miroir c'est elle-même, ces cheveux sont ceux qui recouvrent sa
tête. Mais elle ne peut s'abstraire de son propre jugement de
valeur, de sa propre voix qui lui dit: ils sont secs comme de la
paille. Elle les caresse de sa main, des mèches qu'elle perdait il y
a quelques temps, qu'elle a perdu. Ses yeux se penchent sur sa
poitrine. On dirait qu'ils sont tous les deux vrais. Une tumeur
restait cependant bien coincée au fond de son sein. Celle d'une
aigreur, celle de la perte. Le regard d'une femme peut-il dire tout
cela?
Elle
se sentait violée de l'intérieure, comme une brebis modifiée
génétiquement. Son esprit habitait un coeur qu'elle ne
reconnaissait pas comme sien. Elle avait réussi à dormir cette
nuit-là, d'où des cernes, légèrement réduites. Mais ses yeux ne
perdaient pas les rougeurs de la fatigue. De toutes ces larmes
qu'elle versait comme remède au sommeil. Un soupir grandi dans sa
poitrine.
Puis
retomba. Il était temps
pour
elle de vivre à nouveau.
*
Vivre,
vivre, qu'est-ce que voulait dire, vivre? Elle n'avait pas été
morte pour autant. Y aurait une intervalle entre la vie et la mort?
La non vie? Une réalité hors du temps, du monde, des émotions, de
la pensée, hors de tout... Un espace minéralisé. Oui, un espace du
comme la pierre, inébranlable, froid, solide, inamovible. C'est ça
ce que j'étais?
*
Saisir
la clenche. Appuyer sur la clenche. Avoir oublier la serrure. Lâcher
la poignée. Prendre la clef. Mettre la clef dans la serrure. Tourner
la clef. Hésiter. Entendre un clac, deux clacs. Hésiter. Refermer
la porte. Renoncer. |
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| dimanche 18 décembre 2011, a 18:37 |
| « Une étrange relation allait naître alors. Elle devait durer un temps sans longueur, s'éteindre mais ne jamais se clore » Patrick Chamoiseau « Une enfance Créole » |
Je
regarde l'indicible derrière la fenêtre. Cette fenêtre avec ses
barreaux qui rendent l'univers inaccessible. C'est décidé, je sors,
tampis pour le bruit, vive le soleil.
Mieux
évoquer les souvenirs pour mieux avancer. Je n'en ai pas encore ici.
Je n'en ai pas. Rien n'existe plus. Même plus toi. Qui ça?
Intemporel, inespace, invivant. Je n'aime pas chercher mes mots.
Fatiguée pour tout dire, que celui-ci passe trop vite, que tout
paraît vain et que je ne suis qu'un grand vide qui tente de se
remplir de mots. Alors que celui-ci ne cesse de grandir. Je ne suis
rien comme nulle part, une petite âme de plus ou de trop, comme la
souris dans le pot de crème. Sauf que je sens moins forte que la
souris.
|
|
| mardi 13 décembre 2011, a 21:55 |
| I'm the black bile character |
J'aime
te regarder, voir tes yeux, tous noirs, me demander s'ils sont
ouverts quand il fait nuit et que je suis à côté de toi. J'aime
ces longs silences que je ne me sens pas obligée de combler. J'aime
bien être ailleurs, ne penser à rien, oublier le cours des
évènements. Que s'est-il passé en trois jours? Quelques lettres
dans le journal... C'est tout ce que ça vaut. Rien à faire ici,
juste à essayer de croire encore à ses rêves, à la pulsation de
désir qui fait vibrer l'existence. Lorsque j'étais chat, il me
semble que la vie n'était pas si compliquée. Je dormais, je
sortais, mangeais à ma guise et je trouvais toujours de quoi
satisfaire mes petits besoins. Les voitures et tous ces trucs
humains, je les évitais, ça vous écrase comme de la cervelle, ça
fait du bruit et ça pue. Je préférais le temps des chevaux. Op! Je
saurais sur leur croupe ou dans la carriole et me laissais promener.
Je
pense à ton cou, à ton dos, tes épaules, aux endroits où j'aime
me blottir. Alors je ferme les yeux et je m'endors, épuisée. |
|
| vendredi 09 décembre 2011, a 00:44 |
| « Même les mots vous lâchent » Samuel Beckett Molloy |
J'aurais
aimé prendre ton corps comme une cerise dans un arbre. Escalader les
branches, le tronc et me poser le plus haut possible. J'aimerais y
fumer de douces herbes rêveuses qui détendront tout le paysage.
Et
puis l'on jonglera, sans souci, sur le fil de la nuit. Je serai la
funambule de tes rêves. Dans les paysages du Nord, où tout es
blanc, mon sourire sera le soleil des portes fermées. Viens, viens,
prends-moi la main, il y a des nuages qu'on ne peut que franchir à
deux.
Mais
tu veux être seul. Laisse ma main, reprend mon sourire et va-t-en.
J'irai voir les nuages toute seule et les étoiles attendront. Mes
pieds continueront de marcher, de courir un peu partout. Partout un
peu! Un peu.
Et
va-t-en beaucoup, va-t-en loin, beaucoup plus loin, nulle part,
ailleurs. Beaucoup.
Dormir
Beaucoup Fuir
Un
peu Ailleurs
Nulle
part Partout Toi
Parsonne Ailleurs
Rien. |
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| dimanche 04 décembre 2011, a 07:20 |
| « Et que je dises ceci ou cela ou autre chose, peu importe vraiment.[...]On n'invente rien, on croit inventer, s'échapper,[...]Et puis merde" Samuel Beckett Molloy |
On
oublierait les mots qui blessent et tout recommencerait! Je me
souviens de ton sourire, disparu quand je n'ai plus su ou était le
miens. En rentrant le soir, après de longues balades dans la
montagne glacée, tu me lavais avec plein de mousse et m'enveloppais
dans une serviette. J'étais fatiguée.
Je
suis encore fatiguée, comme une enfant devant récupérer de sa trop
grande dépense, de son trop grand enthousiasme. Je me souviens d'une
histoire d'amour qu'on écrivait avec des balles, des timbres, des
crayons de couleurs. J'aime les livres avec de belles histoires, mais
surtout avec une belle couverture. Je me souviens de l'encens, de
l'odeur de cette chambre où on pouvait grimper sur le toit. Je me
souviens de ton regard. Que tu me regardais comme un être magique,
unique, sensible, au coeur grand comme ça.
J'ai
disparu, comme la dent est emmenée par la souris pendant la nuit,
comme un bleu sur la peau au fil des jours. Je me glisse sur les
diapositives d'un beau feuilleton, une jolie statue à contempler,
dure et froide mais toujours jolie à regarder. Non, belle, c'est
comme cela que tu dis. Devenue œuvre sans fond aux formes passées.
Il fut un jour ou je vivais. Peut-être. Aux yeux de l'artiste au
chef-d'œuvre inconnu. |
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| dimanche 04 décembre 2011, a 06:58 |
| "On vit pour le superflu. Rien n'a moins besoin d'être justifié que les réjouissances" Brecht, Petit Organon pour le théâtre |
Que
veux-tu qu'on en fasse? De toutes ces paroles dans le vent? De la
stupidité des gens. On ne peut ne pas la voir et continuer à courir
pour sauter dans les bras l'un de l'autre... de temps en temps. Il
est long le temps qui nous sépare pour une « perte de temps ».
Le bonheur, un profit? Conneries. Je te dis que le monde a de drôles
d'idées, surtout quand il ne veut pas croire que la vie est
faussement sérieuse. Le sérieux nous baise bien, j'affirme.
Référence d'une attitude de vie. Il reste chez lui pour travailler
mais fantasme à des inconnus, des lignes, des livres, au-dessus
desquels il dépense sa vie.
J'aime
ton sourire et tes yeux qui me regardent. Ces choses là sont plus
que du sérieux. |
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| lundi 28 novembre 2011, a 22:25 |
| 15 septembre 2011 |
J'attends
par terre que sonne, que sonne l'écho d'une vie lointaine. Je revois
les reflets du soleil sur nos chaussures il y a quelques années,
seules les couleurs on changé. Je suis encore dans l'herbe, toujours
par terre, à regarder, en rêvant, le soleil. Plus douce et plus
chaude que la caresse des hommes, je me répète dans ce moment
agréable. Les bruits qui se superposent dans une vague chaotique me
laissent indifférente alors que je goute au doux repos de la fin de
journée. J'ai chaud et frissonne à la fois, de la peur du vent de
la nuit qui arrive, qui cachera le soleil pour d'autres horizons. J'ai
la tête au ralenti et les mots se débrouillent tant qu'ils peuvent
pour s'arracher de mon cerveau. Il y a peu d'endroits dans la vie où
rencontrer le silence. Petit bijou que l'on cherche tant à
atteindre.
J'avais
écrit nos chemins, nos ascensions, nos cabanes et nos cols, nos
ruisseaux, nos montagnes... un peu d'amour au-dessus des nuages, un
peu d'amour dans les nuages.
J'ai
oublié le sac à la gare. |
|
| lundi 28 novembre 2011, a 22:14 |
| les bouteilles de verre brisé du dimanche matin |
Quatre
pas sur les touches de piano. J'y marche comme si la musique savait
se jouer de moi. Je peine à garder les yeux ouverts pour suivre le
travail de ses heures pénétrantes. Une chaleur nouvelle me laisse
m'attarder sur le balcon des délices où toutes les pensées se
réjouissent, où tous les coeurs se libèrent de leur castration
journalière.
Quatre
mots sur un piano, un milliard de temps qui s'enchainent, pour croire
à la mélodie du bonheur. Je ne peux pas ne pas penser à toi.
Ouvrir les portes du paradis maudit, pourrir dans les enfers de la
honte et de la soumission. Mes yeux se ferment, l'écriture
disparaît. On tourne la page. C'est mal écrit. |
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| mercredi 23 novembre 2011, a 07:21 |
| « a liquid trail of hate flooded her chest » Toni Morrison, Silva |
Je
te vois dans mon sang, comme un mot sur mes lèvres, que la chair et
le feu ne parviennent à sacrifier. Tu es là, de part et d'autre de
mon corps, répandu, comme une flaque de mes larmes versées. Je suis
une bouillotte fuyante, un mot de travers. Entre mes jambes se noient
des amertumes amères, des floraisons aux couleurs diluées et le
miel d'abeilles violées. Des sons rauques me brisent les tympans,
une respiration saccadée qui veut trouver son plaisir là où l'on a
déjà tout pris. Une main sous les fesses et il se croit possédant,
traçant sa propriété sur ma peau décharnée. Les armes sont
sorties, oses approcher, oses résister à mes griffes, à mes jambes
qui t'enlacent, à mes dents qui te mordillent, à mes yeux qui
t'arrachent le coeur.
Prends-moi
si tu y arrives. Quand tu te reposes sur moi je cesse de bouger, je
ne dis rien. J'aimerais crier mais aucune son ne sort, aucune parole
pour la femme abîmée, pour les coups manqués. Mes bras portent les
cicatrices de blessures lointaines. L'oubli ne fuit pas devant la
distance et je dis que je t'aime alors que je te hais.
Poses
tes mains, non pas là, pas sur moi, non, va-t-en, pas dans moi,
arrête je ne peux pas. Tu as envie mais je ne peux pas. Je te
repousse mais tu n'entends pas...
Tu
es toujours là, loin, si loin dans ma peau, enfoui sous la chair de
mes indignations, du torrent de mes haines. |
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| dimanche 20 novembre 2011, a 23:39 |
| "Les gens, même s'ils n'ont pas de chaînes aux pieds, ont une prison dans la tête" Me Bosselut |
Les
mots laissés aux caresses sont les plus brumeux. Quand les mains du
poètes enferment entre ses mains les tons, les pas. La musique qui
sommeil en soi. Les mots d'un chant, partis brûler au loin pour
retomber sagement dans des larmes de souvenir à se rouler par terre.
Entendre siffler les paroles du destin, celui qui s'engouffre dans la
vie des autres en laissant de vieilles taches de graisse jaunâtres.
Libre à lui de s'imposer, d'être franc, de se mentir. J'aimerais
savoir dire l'inexprimable du fond de mes yeux bruns, qu'aucune
parole ne sorte et que les mots soient infinis.
*Photo d'Auvergne |
|
| lundi 14 novembre 2011, a 08:20 |
| 29 juillet 2011 |
Arrivée
en Ardèche depuis une journée, je profite encore des grands
espaces, du grand air, de la baignade (fraîche) dans le lac. C'est
bon de pouvoir remettre le nez dans un livre et d'arriver à bien
dormir. Un petit bout de moi est pourtant toujours dans les Pyrénées,
au milieu des iris, sous la pluie, à marcher dans la boue en
fredonnant. J'ai eu beau en avoir marre souvent de cette fichue boue,
mes pieds sont encore dedans alors que mes chaussures, aujourd'hui,
n'en sont toujours pas débarrassées. J'ai envie de me souvenir de
ces instants, de les écrire pour le plaisir d'en fouiller les
détails, de rechercher l'expression parfaite. Les premiers clichés,
les premières bribes de souvenirs qui me viennent sont au col
d'Ilhéou:
Après
une petite avancée d'une heure environ dans la pente qui mène au
col, nous avons renoncé à la cabane de Barbat pour rejoindre celle
du col d'Ilhéou. Dans la purée de pois, le jeu de mot était
facile: mais il est où ce col!
De
l'orage est annoncé pour ce soir, mais dans combien de temps? Le
ciel, tout comme l'air qui nous entoure, n'est toujours pas dégagé,
c'est notre quatrième journée de marche, la troisième dans le
brouillard et les nuages. Avec le vent, les nuages passent et nous
traversent par intermittence. Oh! Un coin de ciel bleu! … Un, deux,
trois, brouillard. Les premiers jours de marche sont encore un peu
difficiles dans les jambes mais on les sent s'habituer doucement à
leur rythme de nomade. On ne sait pas où ce chemin va nous mener
dans cette purée de pois, et une fois passé le col... où sont les
cabanes? On ne voit pas grand chose. Boussole. On trouve finalement
la vieille cabane de tôle verte. Un orage? Ce soir? Après tout, la
montagne est imprévisible. Les nuages qui galopent à travers le col
nous font tout de même opter pour la cabane. Les toiles de tentes et
quelques habits pourront sécher en paix cette nuit, et nous aussi!
Chercher du bois pour faire cuire la soupe et les pâtes, où la
soupe au pâtes, ou les pâtes en soupe...et réunir d'abord quelques
forces pour se laver dans l'eau gelée, directement venue des
glaciers. Pour dernier plaisir de marche, on abandonne les grands
sacs à dos de randonneurs pour remonter en haut du col, espérant
apercevoir un petit bout d'horizon dans une interstice de ciel bleu.
Le corps retrouve soudain un autre équilibre, une position naturelle
qui fait avancer sans impression d'effort. Toujours pas d'heure,
l'orage peut bien attendre. En remontant doucement main dans la main,
la vue est aux aguets et deux petites marmottes se seront fait
repérer sur le flanc de la montagne, à mon plus grand plaisir. Je
m'arrête pour les regarder, calmement, aussi longtemps qu'elles ne
le permettront. Perchées sur leurs petites pattes arrières, les
rongeurs nous ont aussi remarqués. Vite! Rentrons dans notre
terrier!
Nous,
nous continuons à remonter vers le haut du col, là où mes nuages
défilent et nous traversent, poussés par le souffle du vent.
Pourtant très frais, celui-ci ne m'atteint pas vraiment derrière
mon pull. Il s'amuse de mes cheveux qui volent dans tous les sens,
j'ai fini par retirer cette fichue casquette. Du brouillard, des
nuages, toujours du brouillard. On peut se demander comment un orage
arriverait à se faire une place dans ce mélange atmosphérique.
Toujours aucune vue ne s'offre à nos petits yeux bridés par le
vent; alors on redescend jusqu'à la cabane, s'affairer aux tâches
que réclame notre condition naturelle. Quand l'orage a éclaté
cette nuit-là, la cabane n'a pas cédé. Les énormes chevaux,
remontés jusqu'à nous durant la nuit furent un autre plaisir qui
font oublier les quelques désagréments du mauvais temps. Seuls,
tous les deux, là-haut, la tête dans les nuages, un petit paradis.
*photo d'Auvergne |
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| samedi 15 octobre 2011, a 16:32 |
| Rat des villes et rats des champs |
On
veut interdire la fouille dans les poubelles.
« Ben
oui, c'est normal! Rendez-vous compte, c'est une question d'hygiène!
Quand je sors de chez moi le matin, je n'aime pas voir les poubelles
retournée », voilà ce qu'on répond.
A
cela, 5h du matin à la radio, j'ai envie de répondre: « connard ».
Un gâchis quotidien nous pousse à espérer se nourrir des
poubelles... ne tentez pas, on ne cherchera pas!
Obligés
de se nourrir de se que les autres ne veulent pas et cet acte vous
répugne. Mais il devrait vous révolter! Vous écœurer! Mais nous
sommes trop laids pour mériter votre pitié. Question d'hygiène...
et quand je serais mort devant ta porte, iras-tu aussi te plaindre à
la société de nettoyage de ton
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|
| mercredi 12 octobre 2011, a 05:32 |
| 27 juillet 2011 - deuxième partie |
Le
train a d'abord avancé doucement, très doucement. Maintenant il
accélère à travers la flore de la vallée des Pyrénées. Au
revoir iris violets! Symboles de pureté. Et le petit lys jaune, rare
mais vu quand même. J'aime regarder par la fenêtre le pays qui
défile, et je tente de saisir et s'inscrire ces derniers aperçus
alors que le train est secoué sur ses railles. Difficile d'écrire
droit. Profitons de ces ouvertures, des espaces dégagés, et de la
vue qui frétille d'avoir tant à regarder.
Arrêt
à Toulouse sur le chemin du retour. Un brin de soleil, enfin!
Premier arrêt et premier ascenseur de retour au rythme habituel du
monde. Assise devant la gare, les fesses sur le macadam, mon
téléphone portable me rappelle à la communication et aux relations
humaines, momentanément interrompues. J'ai l'impression que
plusieurs semaines se sont écoulées, alors qu'en fait, en une
vingtaine de jours, le monde n'a pas changé de manière cruciale. De
lourds faits divers font pourtant vendre les journaux, mais le monde
n'a pas changé, la « civilisation » et la ville n'ont
pas changé: les bruits des moteurs et les odeurs des cigarettes
remplissent encore l'atmosphère, la voix de la SNCF est toujours
calme et féminine. Je me souviens d'avoir rit à Montréjou, en
entendant l'annonce des trains avec l'accent de la région. C'est
qu'on s'y accommode à cette mélodie vocale. Il faut que je marche
un peu, mes jambes n'ont plus l'habitude de rester aussi longtemps
immobiles.
|
|
| lundi 10 octobre 2011, a 07:26 |
| "Je suis le seul de mon espèce" La rue Cases-Nègres, Joseph Zobel |
Je
regarde tes yeux, embrumés d'amour, où la peur s'enfonce à chacun
de mes pas. Je descends regard vers le sol qui se broie et je n'ose
voir ce qui tourne à l'intérieur de moi. La musique est
insupportable et je dois crier pour m'exprimer. Je fais semblant de
sourire, il me manque quelque chose. Tu n'es pas si loin pourtant
mais tu refuses à la vie ses aléas, la maîtriser, mais pourquoi?
Insaisissable, ne l'as-tu pas encore remarqué derrière tes fausses
convictions? Tu veux croire en ce qui t'arrangerais, tu te convaincs
que le temps t'apporte ce que tu recherches, mais accepter la
surprise... te paraîtrait une faiblesse?
J'ai
couru sous la pluie, vite, très vite, pour évacuer ma sensibilité,
faire sortir mes larmes dans des souffles épuisés, des muscles qui
se tordent quand mes pieds poussent sur ce sol de macadam. Ce putain
de sol, recouvert de misère, qui dissimule le sable rouge dans
lequel je rêve de me coucher. Je pense à lui un peu maladroitement,
entre le soleil et la pluie, en regardant avec mélancolie la ville,
pourriture humaine. On se plonge dans des livres et distractions pour
ne pas y penser, mais en ouvrant les yeux, la naïveté des premières
émotions revient se coller devant nos yeux en nous tordant le coeur
de reproches. Reposer mes pieds sur ce sol vivant, pour m'aider à
refuser cette vie artificielle, ces relations pierreuses où ne se
révèle que la peur de ressentir, la peur d'aimer, la peur de dire
ses sentiments, la peur et l'angoisse de vivre. |
|
| samedi 01 octobre 2011, a 06:40 |
| 27 juillet 2011 - première partie |
J'attends
mon train, en transfert. Direction l'Ardèche après trois semaines
de voyages, quinze jours de marches et de deux plus à habiter la
montagne. Le minimum nécessaire sur le dos. Beaucoup de changements
ont été décisifs les dernières semaines, et pourtant nous sommes
quand même partis tous les deux, se suivre dans les montagnes, dans
le brouillard, sous la pluie, dans la boue, pour s'aimer en
partageant notre passion, celle du grand air et de l'adrénaline, de
l'aventure, et simplement apprécier d'être en vie et amoureux.
Revenir à soi, ensemble, le plus beau des partages.
Revenir
à la « civilisation », c'est ressentir cette impression
de décalage, cet forme de l'étrange, de l'étranger en nous qui
n'appartient plus au monde qu'il retrouve. Je me sens détendue et
sereine, sans gêne ni complexe devant un monde qui grouille et qui
s'active à un rythme ne correspondant pas à celui du corps naturel.
Cela semble paradoxal, mais dans mes habits imbibés des odeurs et
des taches de ces derniers jours, je me sens véritablement moi, en
accord avec je ne sais quel équilibre que l'on prétend tous
rechercher. Savoir qui l'on est... pour mieux être. Peut-être
recherchons-nous tous une sorte d'essence singulière, notre propre
essence: le chant de la croyance en nous-même. En qui mieux croire
que soi? Sur qui pouvoir mieux compter?
S'il
faut marcher dans la boue pour se faire confiance, pour nous faire
confiance, alors continuons à marcher, à grimper, à descendre, à
avoir faim, soif, à être fatigués, à s'épuiser pour un retour
aux besoins véritables, à sa nature: celle qui rapproche de soi, de
la vie sans intérêts, sans rentabilité, sans rapport de profit,
sans besoin de reconnaissance à chacun de nos actes.
J'ai
aimé, mieux, j'ai adoré ces semaines, cette vie en montagne si
riche en expériences et en formation. J'ai envie de repartir, de ne
pas revenir à la prétendue « réalité » du monde dit
« civilisé ». S'il faut mettre réalité entre
guillemets, j'en viens à penser que ce monde n'est qu'une grande
fiction d'organisations, de médias, de sociétés, qui encadrent
notre mode de vie et nos pensées selon des critères bien précis.
L'idéologie de la maîtrise.
Grimper
en haut des montagnes, c'est prendre du recul, offre un point de vue
plus global sur le monde, plus sage, attentif, minutieux. Il ne
manque que les livres et de quoi écrire lorsque l'on est là-haut,
alors que les pensées y sont difficiles à stabiliser. Même les
rêves nous agitent. J'y est quand même trouvé un certain calme,
une paix intérieure qui apaise et anime la pensée tout à la fois.
Les
minutes défilent sur l'horloge de la gare SCNF, et j'attends encore
sur ce banc où je l'ai quitté hier soir. Lui, sans qui je ne
pourrais partir de cette manière, lui, avec qui j'arrive à tout
partager. Les projets se construisent sans vraiment vouloir savoir
leur forme et en se moquant bien de chercher des finitions. J'ai hâte
de continuer notre route, avec tout le bonheur que j'ai dans le
corps, dans le coeur.
Je ne suis pas encore tout à fait descendue, ma tête est encore dans les nuages et dans la brume, ambivalences comprises. Je vais monter dans ce train pour voir les montagnes des Pyrénées s'éloigner. |
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| vendredi 02 septembre 2011, a 20:33 |
| « j'avais commencé au commencement, figurez-vous, comme un vieux con » Samuel Beckett « Molloy » |
Houhou,
le chant du hiboux. Sous la nuit ou au soleil, la mélodie de
l'étincelle. On en a rit, on en rira encore, de ces mots doux
laissés au hasard, du temps qui s'arrête au temps qui s'essouffle,
doucement, tout doucement, jusqu'à ce que plus rien n'existe autour
de nous. On refera des jeux, en chansons, de sauts en claquages de
mains et s'arrêter.
Arrêter,
tout arrêter. Laisser le monde retourner, retourné. On se racontera
des histoires pour ne pas s'endormir et s'inventer la vie qu'on veut
mener, à mourir de rire pour s'entretuer. Pan!
La
vie est douce dans ces moments, ceux qui nous font oublier la vie
elle-même et nous projettent dans un rêve au dur réveil.
Rêver,
ça je sais faire, vivre, encore mieux, alors je continuerai à vivre
de mes rêves. Et loin de la solitude, des rabas-joie je veux
toujours aller, libre d'attaches, toujours repousser les limites, les
franchir à pieds, de nuit les yeux fermés, prendre plaisir à
respirer pour mieux exister. Je veux des rires, des soupires, de
l'amour, et je continuerai à croire en toutes ces choses qui me
rendent heureuse même si, comme chacun sait « les fées ça
n'existe pas ». On en rit, on en rira encore, de mon air
rêveur, de mes absences, de mes délires, de mes sourires. Qu'on
rit, qu'on en rit, je veux de la vie, de la folie. Merci.
|
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| jeudi 18 août 2011, a 08:41 |
| Somewhere out of the world |
Envie
de tirer, tirer sur cette bouffée d'air. M'enfuir dans ces méandres,
faire de la merde.
Le
désir monte, je le vois dans tes yeux, dans ton sourire qui me
demande déjà de l'accompagner. Tu sais que je viendrai près de
toi, que j'ai besoin de ta présence, besoin de la mienne dans tes
pensées. La nuit fuit le cours du sommeil. Je ne veux rien,
laissez-moi en paix, dans la brume d'une musique, un concert, des
notes qui bousculent la vie. Je sens les pulsations vibrer sous ma
peau devenir douce chaleur. Mieux que le frisson. Il fait sombre,
nuit même. Non. Il y a les étoiles colorées de l'électronique qui
créent l'ambiance décadente. Tout le monde danse et l'on retourne
un vélo dans les airs. Oui. Un vélo surmonte la folie et troue le
plafond. On continue à sauter, à danser, à crier. Qu'elle est
bonne cette ambiance retrouvée! Les meubles s'écroulent, tout
sombre dans le son et les vestiges du son. Ma raison s'absente dans
un cercle d'amis, dans leur folie légendaire.
On
rie de kiffer la vie, une soirée ensemble depuis longtemps et tous
repartir. Se réunir pour montrer à la vie qu'on l'aime parce qu'on
sait se foutre d'elle. |
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| jeudi 18 août 2011, a 08:34 |
| « j'avais commencé au commencement, figurez-vous, comme un vieux con » Samuel Beckett « Molloy » |
Mon
ventre se tord douloureusement de toute cette abondance écoeurante
ingurgité la veille. Pour le plaisir ? Pour faire plaisir
plutôt.
Je
voudrais me purger de toute cette nourriture, trop riche, trop
longue, trop... Trop de cette superficialité, de consommation qui me
rend malade. J'ai envie de laisser mes yeux couler le long de mes
crampes d'estomac et chaque renvoie suggère de tout évacuer. Vomir
devient un fantasme de soulagement et je repense à ces petites
bouchées que je me force à prendre pour ne pas contrarier mon
entourage.
Manger
semble répugnant, écoeurant, un effort et une étape à surmonter
devant l'angoisse de mon ventre. Envie de me purifier de cette
intoxication de matière alimentaire à faire baver les chiens.
Bonne
appétit ! Nausées... |
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| lundi 06 juin 2011, a 15:28 |
| "wait for summertime" Yeasayer |
La musique de son corps qui ondule... j'aimerais saisir la froideur de ses remarques alors que notre amour n'est qu'une continuelle séduction.
Force dans sa création, brutalité dans ses poumons. J'inspire la forme décapitée du sommet. Il y a de l'eau bouillante, ça déborde, elle le désire. Elle veut se laisser porter dans les bras de l'insouciance sans crever de ses mensonges. Sourire et survivre liés dans la prostitution. Je veux encore te sentir sur moi, m'attirer, me lier à ton désir et m'y soumettre dans le plaisir.
Partie brut de l'imagination qui ne fait que traduire l'érotisme inassouvis. J'imagine ton corps perdu dans un train vers ailleurs. Je t'imagine souriant et te souvenant, sans parler, rêver. |
|
| samedi 21 mai 2011, a 13:56 |
| "la honte, compagne de la conscience du mal" Jean-Jacques Rousseau |
Marcher
pieds nus pour soulager ses écorchures. On croit d'abord pouvoir
souffrir les frottements du tissu sur la chaire nue. Puis on avise
l'état du sol et la distance qu'il reste à parcourir, de la terre,
quelques graviers... J'abandonne le masochisme des chaussures. On
croit déjà sentir la brûlure de la terre et les écorchures des
pierres. Désillusion, la terre est douce comme du sable sous la
plante de pieds délicate dont la sensibilité n'est pas suffisamment
douillette pour rougir en appuyant sur les petits cailloux. A pas
décisifs, on avance doucement, légèrement et les «égratignures
deviennent des opportunités de prendre son temps, de ne pas
précipiter sa marche et porter son attention sur l'instant présent.
Détaché de l'éternel « et après ?», l'esprit se calme et
le repos rythme le déplacement des pieds le long du chemin.
|
|
| dimanche 15 mai 2011, a 21:47 |
| fuck with de moon |
Merci
pour cette chaleureuse nuit blanche. Le soleil se lève mais désirons
l'oublier. Pauvres passionnés! Assez naïfs pour croire à une nuit
d'éternité ». Je serrais ta main, ton bras, priant pour ne
pas le perdre trop vite. Je redécouvre tes formes, mon amant. Un
sourire charmeur qui prétend vouloir donner sans recevoir. Là où
le plaisir est de donner du plaisir.
Non,
oui, arrête, reste, serre-moi encore, lâche-moi.
Je
les regardai, sans comprendre, elle semblait ne pas vouloir et
désirer intensément en même temps. Inventons de nouvelles règles
du jeu. Laisse-moi encore vibrer de basse, tressaillir de guitare,
sautiller de batterie, planer de synthé, rêver en musique au
paradis... ou est-ce déjà le purgatoire?
Mes
pensées son vident et je te vois parler. Communication en mode
« off », je déambule au milieu des déchets, des
mal-propres, des sans-gêne, des pourris, pour me laisser rassurer
par Mephisto. Aspirée dans le néant du plaisir, je plaide
innocente, moi victime de l'amour de vivre. |
|
| dimanche 15 mai 2011, a 21:33 |
| « J'écris aussi loin que possible de moi » André du Bouchez |
Au
dessus des oiseaux, on se sent loin de ce monde où les avions
décollent. On grimpe sur les rochers que personne ne reconnaît, les
arbres que nul ne différencie. Haut, en retrait, en recul des lignes
et structures qui bordent la vallée. Un lièvre, un chamois et rien.
Le silence au milieu de la nuit qui réveille est incroyable. Mais
tout existe bien là-haut quand les rêves qui nous hante nous
ramènent en bas. Les réalités s'inversent dans l'existence
bousculée. Un homme est une personne au milieu du tout inconnu où
se cachent les petits bruits invisibles. Les bruits du couché de
soleil saturent l'atmosphère de silence. Un silence inconnu parce
qu'incompris. Que se cache derrière ce bruissement, cette branche
qui craque, ce cailloux qui tombe? Libre imagination qui s'endort
dans le clair du soir, sans vraiment savoir à quel rythme le monde
tourne. Le monde est loin, n'existe plus. Tout se brouille, les
pensées disparaissent, on ne dit rien, tout se passe de mots.
|
|
| mardi 10 mai 2011, a 10:39 |
| « La société représente une réalité qu'il subit et un idéal qu'il vise » Emile Durkheim |
« Lève-toi.
Main droite, main gauche. Allez, pousse et ramène tes pieds vers
l'avant. Doucement. Voilà, c'est bien. »
« C'est
flou, ça tourne, j'ai mal à la tête »
« C'est
normal, ça va passer, concentre-toi, reste accroupis un moment »
fff
fff fff
« Voilà,
respire calmement. Tu sens tes bras maintenant? »
« Un
peu, c'est dur, tendu »
« Ca
tire? »
« Ca
tire... peut-être. Oui »
fff
fff fff fff fff fff
fff
« Calme-toi,
tout va bien aller, je vais t'aider »
fff
fff fff
« Là,
tu sens ma main sur ta nuque? »
« Oui,
c'est froid »
« Tu
sens mes doigts? »
« Quoi? »
fff
fff
fff fff
« C'est
bon, tu peux te reposer, te recoucher. Allonge tes jambes vers
l'arrière. Ne te laisse pas tomber cette fois, tiens toi avec tes
pieds. C'est bien, tu peux te rendormir ».
Dormir,
dormir, comme un ours qui hiberne. Se plonger dans un grand drap
frais qui sent l'air printanier.
Il
faudrait pourtant se lever.
« Ouvre
les yeux, il faut que tu manges »
J'aime
pas manger...
« Je
sais que tu n'aimes pas ça, mais si tu veux te lever il faut
manger »
« Pas
maintenant ». |
|
| mardi 10 mai 2011, a 10:22 |
| « Le mot liberté fait délirer bien plus que penser » Paul Valéry |
Petit
novembre, un temps qui souffle et qui respire entre deux rayons de
soleil. Il a du mal à s'éveiller et regarde derrière la vitre le
soleil qui ne veut pas sortir. Derrière le grand bâtiment rouge la
ville devient un mystère magique qui revit lentement. Il pense à un
ailleurs, dans lequel le temps ne coulerait plus, comme le canal
devant chez lui, où il aurait la liberté de lever les pieds de la
colle de l'horloge qui l'accroche à la vie. Pourtant la nuit lui
donne parfois cette sensation d'infini auquel il rêve. La nuit renie
les obligations, celle de dormir? Il s'en moque. Il aime à perdre la
valeur des choses, toutes ces choses que le soleil encadre de
précipitation.
J'aime
essayer de comprendre, de m'identifier à son corps désirable, à
fantasmer son personnage qui m'inspire, son absence qui m'inspire.
La
nuit lui laisse le temps. Celui où personne ne le sollicite et dans
lequel il se laisse bercer par la douceur de l'ombre si antagoniste à
l'excitation provoquée par l'ardeur du soleil.
Mais
nous en étions au réveil, aux yeux qui tardent à s'ouvrir, que la
vue du monde est difficile à supporter.
La
fatalité de l'avenir est omniprésente dans ses pensées à défaut
de l'espoir, si dur à faire émerger.
A
toutes les excitations de curiosité surgissent des désastres,
malheurs, scandales: des substances chimiques dans le Danube, la
bourse qui s'effondre... un socle de bonheur pour rêver à l'avenir. |
|
| lundi 25 avril 2011, a 18:14 |
| « Ce monde est une gigantesque machine à se foutre du monde » Céline |
So
it begins, and all I feel
Such
a sorrow I don't need
I'm
lying, obviously
There's
no need for this
just
be and be and be
And
take the joy of moments
For
you believe in it without being convinced
Oh
my poor Darling! You seem so bored
With
make up on your lips
You
take it for beauty
An
advertisement as an other
And
you feel proud, self-confident
I
see the truth behind the colors
The
white void of your mind
For
there is nothing, there is nothing to believe in. |
|
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